Van Life, le saut dans l’inconnu.

 
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Van Life

Le saut dans l’inconnu

TEXTE ET PHOTOS PAR Delphine Lefebvre @delphinelfbvre - VIA NOTRE PAGE COLLABORATIONS

L’envie de tout plaquer, de commencer une nouvelle vie, de ressentir l’adrénaline de l’inconnu ; beaucoup d’entre nous ont déjà vécu ça. Des road trips j’en ai déjà fait quelques-uns mais là, le challenge est tout autre. Partir seule et vivre dans mon van. Le plus dur est d’oser, de lâcher prise. Ça m’a pris plus d’un an et la route est encore longue.... 

Ne te demande pas où la route va te conduire. Concentre-toi sur le premier pas, c’est le plus difficile à faire.
— Elif Shafak

Pour commencer, j’ai dit au revoir à mon activité professionnelle, à ma vie de parisienne, je suis retournée vivre chez mes parents en Picardie pour quelques mois et j’ai acheté ma nouvelle maison sur roue ; un beau T3 de 1986 que j’ai appelé “Maurice”. Je lui ai redonné un petit coup de jeune pour me sentir chez moi. 

Nous sommes en mars, à quelques jours du départ, le stress augmente et cela me tétanise tellement que je fini par rester bloquée du dos 3 jours.

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 Le jour J. – 24 mars 2019 

Mon dos va mieux, je viens de passer ma première nuit avec Maurice devant la maison de mes parents. C’était un peu étrange mais j’ai bien dormi. Je n’ai pas prévu d’heure de départ mais j’aimerais rouler au moins 5 heures. On m’attend dans 4 jours à Milan. On termine les derniers préparatifs, il est 12h41, un dernier au revoir à ma famille.  

Enfin au volant, je mets le contact et c’est parti, que l’aventure commence ! 

Je passe le portail, puis tourne à gauche, ne réalisant pas vraiment ce que je suis en train de faire. Je pleure, je ris en même temps. 

Le premier pas est fait. 

 Je suis seule, enfin presque, car Maurice est bien là lui. J’ai toujours cette boule au ventre. Au fil des heures elle diminue mais sans jamais tout à fait disparaître. Quelques kilomètres après le départ, l’aiguille du liquide de refroidissement s’agite, c’est inquiétant, je n’y connais rien, c’est mon premier véhicule. Je m’arrête donc un peu plus tôt que prévu sur le parking d’une école à l’entrée d’un village pour une première soirée en solo. Il n’est que 17h et la soirée s’annonce longue. J’appelle ma famille, j’écris, je lis, repoussant l’heure du couché,avec l’appréhensionde cette première nuit de ma nouvelle vie. Je chasse les mauvaises pensées et tente de me rassurer comme je peux. Sans rien avaler,Je regarde un film et fini par m’endormir difficilement. 

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 Le 25 mars 2019 

 Un cri d’enfant me réveille, mince, l’école a déjà commencé ! il est à peine 7h, sans prendre le temps de me faire couler un café, il faut reprendre la route. 7h30, mon aiguille s’affole toujours au rythme des kilomètres qui défilent... 

 Il faut trouver une solution, mais un lundi matin avant 10h, j’ai bien du mal à trouver du liquide de refroidissement. Déambulant dans les rayons, perdue dans tous ce choix qui s’offre à moi. Je demande à ce monsieur qui croise ma route et finalement 3 quarts d’heure plus tard, je suis de retour face à mon volant. Ce soir une amie m’attend à Grenoble, alors je “trace”, enfin dans la mesure du possible, c’est-à-dire à 80 km/h.  

Le soir après quelques frayeurs - conseil d’une novice : n’oubliez pas de mesurer la hauteur de votre van avant de partir - j’arrive enfin chez mon amie. 

 Il est 19h etje suis fatiguée, je n’ai avalé qu’un pauvre sandwich et un pain au chocolat ces dernières 48h mais me voilà heureuse, j’ai réussi, j’ai fait le premier saut dans ma nouvelle vie.

 Après cette première victoire, j’ai passé la frontière italienne à nouveau seule à bord, pour rejoindre mes deux amies. 

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 Le 29 mars, soit 4 jours après avoir quitté ma Picardie natale, j’étais au rendez-vous à Milan. 

De là, nous sommes parties quelques jours dans les Dolomites. J’en rêvais depuis des années, mais le voyage a été mouvementé car évidemment je n’étais pas encore très à l’aise au volant de mon bolide et les routes de montagne m’ont donné de belles sueurs froides. Nous ne découvrons pas autant que prévu, mais nous partageons des instants bien plus importants ensemble, auprès de Maurice, on s’est surpassées pour notre première nuit à 2240m d’altitude, chose que j’imaginais impensable 

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 De retour en France j’ai tracé vers le Vanlifest à Capbreton. C’est le premier festival de vans aménagés en France. C’était un week-end exceptionnel que je n’oublierais pas de si-tôt ; la rencontre avec ses personnes qui ont choisi le même mode de vie, c’est parfait pour me donner confiance et l'envie de continuer ce que j’ai commencé.

A la fin du festival, je reste quelques jours chez une amie dans le coin. J’en profite pour faire mes premiers pas en Espagne. 

Cette première fois était trop courte c’est sûr. Mais maintenant je peux dire que j’ai déjà mis les pieds dans trois pays différents en 3 semaines.  

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Fin avril, je traverse à nouveau la France. On m'attend à Genève début mai pour ma première expédition. Une vraie galère avec le van ! Heureusement tout se passera bien mais non sans quelques petites frayeurs encore une fois. C’est aussi ça l’aventure en van, vivre des émotions fortes.

 Durant le premier mois, j’ai parcouru plus de 4000km. Et malgré tout,c’était trop ambitieux de ma part, mon cher Maurice lui a été bien brave et n’a jamais rechigné mais moi... Bouger tous les jours implique énormément d’organisation, d’anticipation et de fatigue. Et en plus mon emploi du temps serré ne me permettait pas réellement d’explorer notre pays. J’avais tout faux ! 

 

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J’ai donc pris 4 jours dans un camping pour me remettre les idées en place. La suite n’a pas été simple non plus car quand on voyage en van, on fait face à la solitude et au mauvais temps... 

 Heureusement la photo m’a aidé à voir les jours un peu moins gris et au cours de ces deux mois et demi sur la route, la France m’a révélé quelques trésors, dont les plus mémorables resteront « Gimel les cascades », grâce à un panneau sur le bord de route, le « Lac de Servière » et son ambiance particulièrement mystérieuse et enfin la surprenante « Etretat ». 

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 Lacanau, m’aura aussi marqué mais à un tout autre niveau. C’est ici, après deux mois sur les routes que j’ai réellement réussi à lâcher prise et savourer la vie en van. 

Au fil des jours, j’ai appris à apprivoiser cette nouvelle vie. Parfois c’est le bonheur absolu et parfois la désillusion totale mais avec le temps ma fameuse boule au ventre a disparu et j’ai enfin commencé à profiter... 

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 De retour en Picardie pour un mois et demi je comptais en profiter pour enfin faire l’électricité dans le van. C’était l’un des problèmes majeurs de mon voyage car sans ça il était difficile de travailler. Toute la pluie de la saison m’avait aussi montré que mon lanterneau fuyait. Le bilan a été un peu plus lourd et finalement il va falloir refaire l’isolation et régler les problèmes de corrosions du van avant de remettre un nouveau lanterneau. 

 Aujourd’hui Maurice vient de rentrer au garage pour au minimum 1 mois. Désormais je n’attends plus qu’une chose, qu’il se refasse une santé pour rapidement repartir à l’assaut du bitume... 

 

Delphine - @delphinelfbvre

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